En bref la création d'une subdivisio de sapeurs-pompiers
L'histoire chronologique
Listes des volontaires en 1865, 1870, 1878, 1881, 1884, 1890, 1897, 1900
Les inventaires - garde nationale et sapeurs-pompiers - les subsides
Le règlement de la compagnie



 

Il y a cent cinquante ans, une subdivision de sapeurs-pompiers à Rosay

Article paru dans Rosay Infos 2020

Napoléon III souhaite encourager les créations de subdivision de sapeurs-pompiers dans les communes. Dans cet esprit, le 28 septembre 1863, le maire, M Milliard informe son conseil que le préfet a adressé par courrier une offre de 250F pour l’achat d’une pompe à incendie. Le conseil examine cette proposition qui inévitablement engendrera des frais complémentaires. Le 17 septembre 1864, Saint-Martin Médéric et Moisant Eugène Frédéric sont nommés lieutenant et sous-lieutenant par Napoléon III. Aux élections de 1865, le comte de Valon emporte la mairie. Sa position de conseiller général le pousse à marquer les esprits au village. C’est une compagnie de pompiers qu’il lui faut. Il faut pour cela passer le cap des cinquante hommes, au prix de quelles pressions sur les hommes ? Saint Martin, capitaine ; Moisant, lieutenant ; Crespin, sous-lieutenant d’une compagnie de 54 hommes et d’une fanfare de 18 musiciens. Monsieur le comte fête l’évènement en son château.



Le journal « Le Vexin » relate l'évènement le 15 octobre 1865.

« Dimanche dernier, une jolie fête, organisée par M le comte de Valon dans son beau parc de Rosay, avait attiré la population des localités voisines. Il s’agissait de la réception de la nouvelle compagnie de pompiers créée par MM. Bertrand et René de Valon, lieutenants honoraires. M Janvier, préfet de l’Eure était venu lui-même remettre le brevet de capitaine à M. Saint-Martin, et de lieutenant à M. Crépin. Après la messe, un banquet de cent couverts offert par M. de Valon a parfaitement disposé les convives à jouir d’un bal dont Mme la comtesse de Valon a fait les honneurs avec beaucoup d’affabilité. Les danses se sont succédées jusqu’au matin sans interruption, avec un entrain que M le préfet de l’Eure prenait plaisir à stimuler par ses encouragements. Le parc illuminé par des milliers de verres de couleurs, offrait les attraits d’une ravissante promenade, et les loteries, boutiques et jeux de toute espèce, installés sur la pelouse, augmentaient encore l’animation de la fête ».
Les enfants Bertrand et René sont alors âgés de 14 et 12ans ! Du régime impérial à la royauté, il n’y a qu’un pas allègrement franchi par monsieur le Comte.


Les lieutenants honoraires Bertrand et René de Valon


Les corps municipaux sont entretenus et soldés par les communes de manières aléatoires suivant la richesse ou non de la commune: indemnités, exonérations de taxes ou exemption de tâches. A Rosay, à la fin de chaque période d’engagement se répète le peu de volontaires prêts à se réengager mais on réussit toujours à renouveler la subdivision malgré un règlement de plus en plus contraignant : ajout de l’article11 en 1870 «Nettoyage de la pompe. Tout sapeur-pompier qui n’aura pas acquitté le service au moment qu’il en aura eu l’ordre sera passible d’une amende de 1F». En 1878, on durcit encore : « Tout sapeur s’engage à faire partie pour 5 années consécutives. Celui qui quittera la compagnie avant que ses cinq années soient expirées sera tenu et s’engage à payer au caissier de la compagnie, savoir : sapeurs et caporaux : 5F sous-officiers :7,50F officiers :10F ». En 1899, M.Milliard Ernest propriétaire de la ferme la Campagne donne une somme de 100F portée au budget des pompiers mais à répartir entre les sapeurs pompiers, soit un peu moins de 2,50Fpour chacun des 42 hommes ! Pour mémoire, l’amende pour s’être présenté à un incendie sans son casque est de 2F. En 1903, le conseil considérant qu’il y a lieu d’entretenir la pompe à incendie en parfait état décide que cet entretien aura lieu 3 fois par an, les 15 mars, 15 juin et 15 octobre. La personne qui s’engage devra fournir huile, graisse et tout le nécessaire, devra avertir le maire si une réparation se fait sentir. La pompe devra être mouillée chaque fois. Lors de la réorganisation de 1890, Thoué et Caron Cyrille sont membres de la commission chargée de prononcer l’admission des volontaires qui devront composer la subdivision. La décision de composition appartient toujours au maire mais sous approbation du préfet. Le préfet approuve le 28 novembre 1890.

Dans les années 1870-1880, le conseil municipal étudie des projets de mare pour alimenter la pompe à incendie : mare dite « Tessier » pour 523F et mare dite «Lefèvre» pour 1053F. Une acquisition de terrain est adoptée le 17 juin 1880 au centre du village. Mais en novembre 1881, le conseil propose de prendre une somme de 864F attribuée au titre de ces subventions pour creuser une ou plusieurs mares et de l’affecter à la réorganisation de la compagnie des sapeurs pompiers. Les démarches pour trouver des emplacements convenables aux mares sont restées infructueuses. Le comte de Valon, qui a perdu son mandat en 1880, refuse la présente délibération car la somme avait été attribuée pour creuser des mares.


L'abri de la pompe à incendie sur la place du village


En février 1885, l’adjoint au maire et l’instituteur M Campigny procèdent à un inventaire des objets d’usage de pompiers et de musique : 30 ceintures de sapeurs et 2 d’officiers, 43 casques, 38 képis de sapeurs, 2 d’officiers, 6 de sous-officiers, une pompe aspirante-foulante, 6 tréteaux, 4 longs tuyaux, 2 gros aspirants, une échelle de pompe avec ses cordes, 60 seaux. En 1870, une lettre du préfet accordait 200F pour l’organisation de l’équipement des sapeurs-pompiers. On peut penser que la disparition de la comtesse en 1904 et la guerre 14 auront eu raison de cette subdivision. On ne trouve pas trace dans les archives de compte-rendu d’activités ou de bilan de trésorerie, pas d’article de presse relatant une intervention. Les sapeurs pompiers sont présents à la retraite aux flambeaux de la Fête Nationale. La dernière trace de présence apparait le 27 février 1910 : un tuyau aspirant étant en mauvais état, il faut prévoir 100F. Quoi qu’il en soit, la commune aura maintenu bon an mal an durant une cinquantaine d’années une subdivision enregistrée par la préfecture et répertoriée dans l’annuaire du département

Histoire chronologique de la subdivision

 

18 août 1860 : Mr Milliard est élu maire
1863
 : dans l’annuaire du département de l'Eure, on note des compagnies de sapeurs-pompiers à Lyons, Bézu la Forêt et Fleury la Forêt    
1863: le comte Léon de Valon est élu conseiller général du dépatement de l'Eure.
23 septembre 1863 : le maire informe le conseil que le préfet a adressé par courrier une offre de 250F pour l’achat d’une pompe à incendie. Le conseil examine avec prudence cette proposition appelée à inévitablement engendrer des frais complémentaires

22 juillet 1864
 : le conseil municipal soumet au sous-préfet la liste des candidats aux postes d’encadrement
au poste de lieutenant :
   Saint Martin Amédée Médéric, cultivateur
   Lehec Hilaire, instituteur
   Crespin Charles, farinier
Au poste de sous-lieutenant
   Moisant Eugène, marchand de bois
   Monnaye Jean, cultivateur
   Viel Jacques, terrassier



17 septembre 1864 
: Napoléon III nomme au grade de lieutenant Saint-Martin Médéric  et  à celui de sous-lieutenant Moisant Eugène Frédéric


1865
 : Le comte Léon de Valon, conseiller général, est élu à son premier mandat de maire. Moisant Eugène est élu adjoint.
11 septembre 1865 : courrier au sous-préfet et candidatures pour les nouveaux grades demandés par suite d’augmentation de l’effectif (50hommes). En effet, au-delà de 50hommes, une subdivision devient compagnie encadrée par un capitaine. Et on se bouscule pour les postes !
   Capitaine : Saint Martin Ernest, Corroyer Alexandre, Viel Scipion
   Lieutenant : Moisant Eugène, Dupont Xavier, Letondeur Florentin fils
   Sous-lieutenant : Crespin Lucien, Maillard Théodule, Moisant Désiré



25 septembre 1865 
: nominations par Napoléon III
Saint Martin Ernest, capitaine
Moisant Eugène, lieutenant
Crespin Lucien, sous-lieutenant
1868 : l’annuaire de l’Eure confirme ces nominations: Capitaine St Martin, Lieutenant Moisant, sous-lieutenant Crespin
La compagnie compte 54hommes et une fanfare de 18 musiciens apparait notée, pour la première fois .
1870 : l’annuaire du département  consigne St Martin, capitaine, 59hommes et une fanfare de 20 musiciens.  On est alors au point culminant pour les deux formations. La guerre de 1870 se profile.
Mars 1870 : Le comte Léon de Valon est réélu maire.
1er mai 1870: Lecture au conseil d’une lettre du préfet qui accorde 200F pour l’organisation de l’équipement des sapeurs-pompiers
12 juin 1870 : signature des sapeurs volontaires sur le fascicule du règlement et ajout de l’article11 sur une nouvelle page du règlement.
« article11 : nettoyage de la pompe. Tout sapeur-pompier qui n’aura pas acquitté le service au moment qu’il en aura eu l’ordre sera passible d’une amende de 1F »
Les signataires s’engagent pour 5 ans

24 mai 1871 
: participation des compagnies de sapeurs-pompiers de l’Eure à la lutte contre les incendies de Paris durant la Commune de Paris en 1871. (Ouvrage d' Henri Pellaton 1873)
Le soulèvement des révolutionnaires parisiens débute le 18 mars 1871. La troupe écrasera durement la révolte durant la « semaine sanglante ». Après chaque recul, les insurgés incendieront les immeubles. Le ministre de l’intérieur fait appel aux volontaires des départements voisins. L’Eure enverra 561 volontaires de 36 corps dont Fleury/Andelle, Les Andelys, Ecouis, Lyons, Etrepagny, Saint Nicolas de Pont Saint Pierre dans l’arrondissement. Les subdivisions ne seront pas sollicitées.
Henri Pellaton, en 1873, dans son ouvrage « Les sapeurs-pompiers et les volontaires de l’Eure aux incendies de Paris » détaille la participation de toutes les compagnies. Lyons la Forêt envoie 12 hommes : le capitaine Boissel, le lieutenant Ledanseur, le sous-lieutenant De Reinach, le fourrier Hélie, le sergent Dumont, les sapeurs Bru et Caron et cinq volontaires Goupil, Lefan, Letailleur, Lévêque et Roger. Ils arrivent à Asnières le 26 au soir puis, par le train, à la gare de Saint Lazare. Ils rejoignent la place de la Bastille aux pieds d’une barricade rue Saint Antoine et assistent aux combats sans intervenir. Au soir, ils regagnent le poste du Louvre pour se reposer. Le 29, avec la compagnie de Bolbec, ils sont chargés de protéger ce qui reste des bâtiments des Tuileries, de rechercher dans les caves et les cours les insurgés qu’on disait cachés. Il n’y aura pas de blessés, pas d’incendie à combattre mais seulement apporter de l’aide aux militaires. Le 30, tout le monde avait rejoint ses foyers.
Le lieutenant Ledanseur et le sergent Hélie reçurent une médaille d’honneur tant pour leur action dans ces journées que pour leurs trente années à la compagnie de Lyons.


Mars 1874 : Le comte Léon de Valon est élu maire.
Mars 1876 : Le comte Léon de Valon est élu maire. Henri Hubert est élu adjoint

12 mai 1878 :
signature des sapeurs volontaires sur le fascicule du règlement et ajout de l’article12
« Art12 : l’engagement des sapeurs-pompiers
Tout sapeur s’engage à faire partie pour 5 années consécutives. Celui qui quittera la compagnie avant que ses cinq années soient expirées sera tenu et s’engage à payer au caissier de la compagnie, savoir :
Sapeurs et caporaux : 5F sous-officiers :7,50F  officiers :10F »
La compagnie s’engage à continuer pendant cinq années.

23 janvier 1881 : Election du maire. Lucien Crespin est élu maire avec 7 voix contre 3 au comte de Valon.
16 avril 1881 : Le conseil municipal, considérant qu’une subdivision de sapeurs-pompiers est utile et indispensable à la commune, s’engage à organiser et subvenir aux besoins de cette subdivision. Il faut procéder au réengagement pour 5 ans des volontaires.

28 mai 1881
 : Le conseil municipal s’est réuni à 7heures du matin à la mairie. Mr le président de la commission expose à l’assemblée que la commission chargée de prononcer l’admission des volontaires qui désirent faire partie du corps des sapeurs-pompiers de la commune a donné jusqu’à ce jour 42 volontaires. En vertu de la loi cet effectif permet d’obtenir 2 officiers, un lieutenant et un sous-lieutenant. En conséquence, il propose de demander à monsieur le Préfet de vouloir bien par un nouvel arrêté augmenter l’effectif de la subdivision au chiffre minimum de 42 hommes et fixer les cadres avec 2 officiers. Le conseil adopte la proposition de monsieur le maire et s’engage à pourvoir aux dépenses les plus urgentes du corps des sapeurs pompiers modifié.
Sur le registre du conseil sont inscrits les noms des 42 volontaires.

Entre 1871 et 1880 :
Le conseil municipal étudie des projets de mare pour alimenter la pompe à incendie : mare dite « Tessier » pour 523F et mare dite «Lefevre» pour 1053F. Une acquisition de terrain est adoptée le 17 juin 1880 au centre du village. Les plans qui ont été établis ne permettent pas de les situer sur la commune.

27 novembre 1881 : Une somme de 864F disponible au titre de subventions pour creuser une ou plusieurs mares n’est en réalité que le reste d’une subvention accordée pour l’organisation de la compagnie des sapeurs-pompiers. Cette compagnie réorganisée a nécessité des dépenses urgentes. Le conseil propose de prendre sur ce crédit pour payer les frais de réorganisation. Considérant que cette somme restée pour le service des pompes à incendie avait été destinée à creuser une ou plusieurs mares pour fournir l’alimentation des pompes. Les démarches pour trouver des emplacements convenables pour trouver l’emplacement des mares sont restées infructueuses. Le maire propose que cet argent soit utilisé à la réorganisation de la compagnie sur le chapitre additionnel de 1881
Le comte de Valon refuse la présente délibération car la somme avait été attribuée pour creuser des mares nécessaires à alimenter les pompes en cas d’incendie.

11 Juin 1882 : Lucien Crespin ayant démissionné, Charles Crespin est élu maire

27 novembre 1882 : Les travaux et fournitures pour la réorganisation de 1881 consistant en plaques pour casques, képis etc. s’élèvent à plus  de 300F

25 février 1883
 : réunion du conseil municipal: 52F de dépenses sur 81-82 pour la réorganisation des pompiers ; acquisition d’un clairon, réparation à un instrument de la commune, réparations aux casques des musiciens
Il y a aussi une réparation des casques des pompiers sur un budget additionnel
18 Mai 1884 : Après trois années sans ce mandat, Léon de Valon redevient maire. Henri Hubert est élu adjoint. La dissolution de la subdivision des sapeurs-pompiers est prononcée.

4 juin 1884 : La subdivision des sapeurs pompiers s’étant dissoute d’elle-même à la suite de l’élection du conseil municipal, le maire expose qu’une compagnie serait utile tant pour entretenir la pompe que la faire manœuvrer en cas d’incendie. Il demande la réorganisation pour cinq ans. Une commission est crée pour constituer la liste des engagés
10 août 1884 : Les choses ne sont pas simples.  Les personnes de la subdivision créée par le préfet le 11 mai 1881 ont refusé tout service de pompe et rendus les effets mobiliers que la commune avait mis à leur disposition le 1er juin dernier.  On demande la dissolution de la subdivision  autorisée en 1881 pour pouvoir en créer une autre.
21 octobre 1884 : par décret du président de la république la subdivision est dissoute.
On demande une réorganisation pour 5 ans et création d’une commission pour recruter les nouveaux membres. Cyrille Caron et Elie Moisant sont nommés membres de la commission chargée de prononcer les admissions des volontaires composant la subdivision de sapeurs-pompiers.


Mai 1888 : Après le décès de son père, le vicomte René de Valon est élu maire.


23 septembre 1890
: Réorganisation des pompiers en mairie: « M le président (de la compagnie) fait connaitre que les hommes de la compagnie des sapeurs-pompiers de cette commune ont accompli leur période quinquennale et que beaucoup ne sont pas disposés à prendre un nouvel engagement ». Il y a peu de volontaires. Cependant un corps de sapeurs-pompiers est nécessaire tant pour l'entretien de la pompe que pour son fonctionnement en cas d'incendie.
Thoué et Caron Cyrille sont nommés membres de la commission chargée de prononcer l’admission des membres volontaires qui devront composer la subdivision.
Approuvé par le préfet le 28 novembre 1890.



12 novembre 1890
: liste de 55 noms : inventaire casques képis ceintures boutons instruments Vigreux Désiré fils, un clairon état de matériel rendu en 85 86 87 Gribouval Ernest un clairon (inventaire non daté)

28 novembre 1890 : courrier du préfet concernant l’organisation de la compagnie Art1 : nommés membres de la commission chargée de l’admission des volontaires Crespin Lucien- Daniel Pascal- Decharencey Paul

28 novembre 1890 : arrêt du préfet pour la subdivision de Rosay 727habitants Vu la délibération du conseil municipal
le 23 septembre 1890 Est autorisée la constitution d’une subdivision de 31 hommes minimum Les cadres de cette subdivision sont fixés ainsi : 1 sous-lieutenant 2 sergents 4caporaux 1 tambour ou clairon L’officier sera nommé sur notre proposition


12 décembre 1890: extrait du registre des pompiers - liste des engagés

20 décembre 1890 : Maillard Léon est nommé sous-lieutenant

1892 : Léon Demouchy est élu maire. Il prend la mairie au vicomte René de Valon et porsuivra ses mandats durant 30ans.

14 juillet 1892: Célébration de la fête nationale. Retraite aux flambeaux par les sapeurs pompiers et les musiciens à 9 heures du soir. Dimanche 14 au matin jeux pour les garçons et les demoiselles. A une heure distribution de prix aux élèves des 2 écoles. Le conseil ouvre une souscription pour les dépenses. Dépenses prévues: 100F

6 avril 1897: Le conseil municipal juge nécessaire la réorganisation d'une subdivision de sapeurs pompiers. Les équipements en casques, képis, .. seront fournis aux frais de la commune.

11 avril 1897
: Le conseil municipal décide de la réorganisation d'une subdivision des sapeurs pompiers.
Accord du préfet le 19 juin 1897




23 mai 1897
: le conseil municipal dresse une liste de réinscription 42hommes

2 juillet 1897: Nomination de Léon Parravez, lieutenant et Brière Alexandre, sous-lieutenant nommés par le président de la République (Félix Faure) sur proposition du ministre de l’intérieur.



22 mai 1899: Le conseil juge recevable la demande de dispense de période militaire pour Moulin Eugène, prévue à partir du 17 juin. On ne précise pas si cette dispense est liée à son engagement comme sapeur-pompier. Il sera l'une des victimes de la guerre14.

16 octobre 1899 : M Milliard Ernest propriétaire de la ferme la Campagne a donné une somme de 100F portée au budget des pompiers mais à répartir entre les sapeurs pompiers. Le conseil accède à la demande de Milliard

2 avril 1900. Liste des inscriptions dressée par la mairie. A peu près tous s’étaient engagés en 1897


1903:
annuaire du département de l'Eure; Parravez lieutenant - 31hommes - une pompe

15 juin 1903 : l’assemblée considérant qu’il y a lieu d’entretenir la pompe à incendie en parfait état décide que cet entretien aura lieu 3 fois par an, les 15 mars, 15 juin, 15 octobre. La personne qui s’engage devra fournir huile, graisse et tout le nécessaire. Il devra avertir le maire si une réparation se fait sentir. La pompe devra âtre mouillée chaque fois.

9 avril 1904. Mme de VALON s’éteint.

Le dimanche 24 avril 1904: inauguration de la nouvelle mairie d'Ecouis

article du Journal des Andelys

Le village d’Ecouis inaugure en grandes pompes sa nouvelle mairie, construite grâce à un legs en 1903 de 80 000F de la part d’u ne habitante, Mme Rolland veuve de J-C Gloria. « Les choses étaient d’ailleurs très bien faites et la coquette petite bourgade avait revêtu un air joyeux : guirlandes et pavois flottaient gaiement au vent. La place de l’église était couverte de forains. Les différentes attractions de la journée se sont succédées : concours de pompe, le festival où les musiques de Charleval, Fleury, Muids, Mainneville et Bézu St Eloi ont fait merveille et la cérémonie de l’inauguration tout à fait grandiose. Un magnifique banquet, servi par M Lieubray de Lyons, a réuni à 6heures plus de 100couverts. Le bal a été très nombreux et très brillant.

Les sapeurs-pompiers et les fanfares de l’arrondissement sont venus parader et participer à un concours. Les Andelys et Etrépagny remportent les meilleurs prix. Lyons remporte un 6ème prix pour le matériel, le sous-lieutenant Rond à Lisors remporte le 2éme prix en théorie appliquée.
Parmi les autres récompenses, on trouve :
2éme division : théorie appliquée 2éme prix pour Oliva, sous-lieutenant à Fleury
Manœuvre 1er prix Fleury - 3ème division : manœuvres 3ème prix Gaillarbois - 4éme prix Lyons - Tenue 2ème prix Lisors - Théorie appliquée 2ème prix Rond sous-lieutenant à Lisors

Rien ne permet d’affirmer si la subdivision de Rosay a participé ou non à cette manifestation. Elle n’a pas eu l’honneur d’être citée.






14 juillet 1904
: Au conseil municipal, ouverture d’une souscription pour la fête nationale. Le 13 au soir, retraite aux flambeaux par la musique. Dés 6 heures le matin du 13 et 14, son de cloches et salves d’artillerie. A 2 heures du soir le 14, distribution des prix et de gâteaux. Banquet républicain dans la salle de M Etienne. Bal public et gratuit avec illumination de la mairie.
Et demande au sous-préfet d’accorder un fond.

14 juillet 1905 : fête nationale La retraite partira de la mairie puis l’école, remontera la grande rue jusqu’au Bout du Haut puis reviendra par le chemin du Fol Accard. Il sera acheté pour 6F de mirlitons.
Liste des jeux : jeux d’œufs, de ciseaux, la bague en bicyclette, course en sacs, jeu de lanterne, etc.
A six heures dans la salle de M Etienne Albéris, banquet républicain. A 9h bal public dans la cour de la mairie illuminée

1907 : annuaire du département de l'Eure: Parravez lieutenant - 31hommes une pompe
A noter qu'il s'agit de la dernière fois où la subdivision des pompiers de Rosay est répertoriée.

27 février 1910 : un tuyau aspirant étant en mauvais état, il faut prévoir 100F

La fin de la subdision des sapeurs-pompiers de Rosay
La pompe à incendie est vendue aux enchères dans les années 1970 à un rouennais.
Quoi qu’il en soit, la commune réussira, bon an mal an, durant une cinquantaine d’année à maintenir une subdivision enregistrée par la préfecture. L'initiative en est revenue au comte de Valon. Devenu conseiller général de l'Eure puis vice-président jusqu'à sa mort en 1887, il fera bénéficier la subdivision de pompiers de ses relations en particulier de son amitié avec Pouyer-Quertier, maire de Fleury mais surtout ministre des finances en 1871. La disparition de la comtesse en 1904 puis la guerre 14 auront raison de la subdivision.


 
Les listes des volontaires en 1865, 1870, 1878, 1881, 1884, 1890, 1897, 1900

14 mai 1865: St Martin, lieutenant E Moisant, sous lieutenant Corroyer, sergent-major
Il n'y a pas de liste des engagés mais seulement leurs signatures au bas du règlement




12 juin 1870 : pas de liste mais 48signatures à la suite de l'ajout de l'article11 au règlement


12 mai 1878 : toujours pas de liste mais 48signatures à la suite de l'ajout de l'article12 au règlement



28 mai 1881: 41volontaires souscrivent un engagement quinquennal sur le registre du conseil municipal


Beauclé Félix
Bénard Joseph
Campigny Louis (instituteur)
Caron Philibert
Cauchois Aimé
Compagnon fils
Deshayes Barthélémy
Delalonde Alfred
Delamare Félix
Delaplace Xavier
Delarue Léon
Dormancy Alphonse
Drony Augustin
Drony Louis

Drouet
Etienne Albéris
Etienne Charles
Etienne Eugène
Fortier Aimé
Fortier Narcisse
Halleur Louis
Laval Armand
Lejemble Emile
Letellier Louis
Letondeur Maximilien
Letondeur Victor
Lhernault Joseph
Lointier Louis

Maréchal Florentin
Mary Augustin
Moisant Joseph
Moulin Adjutor
Pannier Ferdinand
Parravez père
Petit Narcisse
Pimpernelle Eleonor
Pimpernelle Henri
Robert, Moulin
Thibault fils
Vigreux Désiré
Vigreux Joseph
 

28 novembre 1890 : listing établi par la préfecture à Evreux. 31hommes souscrivent un engagement quinquénal


Bance Léon, lattier
Bénard Joseph, domestique x
Brière Alexandre, bûcheron
Caron Cyrille, maitre lattier
Catelle Ferdinand, couvreur en chaume
Compagnon Henri, cultivateur
Damié Louis, cultivateur
Delagrange Auguste, ouvrier de filature
Delahaye fils , lattier
Delamare Clarisse, journalier x
Delamare Ernest, régisseur de ferme
Delamare Hilaire, ouvrier de filature
Demouchy Léon, fabrique de chaufferettes
Desfosses Gaston s.p
Etienne Augustin, lattier
Houbé Adolphe, sabotier
Letailleur Ernest, maçon
Letellier Louis, bucheron
Letondeur Florentin, marchand de bois
Letondeur Maximilien, bûcheron
Maillard Léon, bottier


Mary Augustin, garde moulin x
Moisant Elie, marchand de bois
Moulin Eugène fils, bûcheron
Moulin Eugène, domestique
Pannier Henri, ouvrier de filature
Petit Narcisse, ouvrier de filature x
Pimpernelle Henri fils, ouvrier de filature
Pimpernelle Théophile, s.p
Tremblay Ferdinand, marchand de bois
Trubert Louis, ouvrier de filature

23 mai 1897: liste des réinscriptions établie par la mairie et validée par la préfecture





Beauclé Félix, charron, 47ans
Bénard Joseph, charretier, 59ans
Bénard Jules, maçon, 37ans
Boufflet Victor, maréchal-ferrant, 47ans
Boulanger Charles, boulanger, 40ans
Brière Ferdinand, bucheron, 40ans
Caron Eugène, cantonnier, 34ans
Compagnon Henri, voiturier, 32ans
Delahaye Edmond, lattier, 35ans
Delamare Ernest, voiturier, 36ans
Deshayes Léopold, charpentier,32ans
Drouet Edmond, briquetier, 45ans
Elie Raphael, bucheron, 26ans
Etienne Albérisse, journalier, 59ans
Flamand Joseph, bucheron, 52ans
Fontaine Gustave, bucheron, 38ans
Fortier Albert, boisselier, 23ans
Gaillon Léon, briqutier, 36ans
Grandin Victor, journalier, 34ans
Houbé Eugène tisserand
Jouanne Arsène, cantonnier, 36ans
 
dans la marge: Legemble Emile, Fortier, Blondel Albert

Lemercier Hilaire, charretier, 39ans
Leroy Gustave, charretier, 30ans
Letondeur Fulgence, employé, 35ans
Letondeur Maximilien, bucheron, 45ans
Mary Augustin, garde-moulin, 44ans
Moisant Elie, épicier, 26ans
Moulin Edmond, 24ans
Moulin Eugène, bucheron, 52ans
Moulin Raoul, bucheron, 36ans
Nicole Auguste, tisserand, 25ans
Parravez Emile, lattier, 34ans
Parravez Léon, lattier, 29ans
Picard Albert, boisselier, 33ans
Pimpernel Eléonor, maçon, 65ans
Pimpernel Henri, journalier, 30ans
Quesnot Gilbert, couvreur,27ans
Sanchez  Louis, jardinier, 25ans
Saquépée Désiré, charretier,29ans
Tellier Louis, journalier , 44ans
Tremblay Elie, bucheron, 35ans
Trubert Louis, boisselier, 33ans
Vogel André, cordonnier, 34ans

2 avril 1900: liste dressée par la mairie

 

Beauclé Félix
Bénard Joseph
Bénard Jules
Blondel Albert
Boulanger Charles
Caron Eugène
Compagnon Henri
Delahaye Edmond
Delamare Ernest
Elie Raphael
Etienne Albéris
Etienne Félix
Flamant Joseph
Fortier Albert
Gaillon Léon
Grandin Jaudrille(?)
Lejemble Emile 
Leroy Gustave
Letondeur Fulgence
Letondeur Maximilien
Moisant Elie
Moulin Eugène
Parravez Emile
Parravez Léon
Quesnot Gilbert


Les inventaires - garde nationale et sapeurs-pompiers - les subsides

Les inventaires

Les inventaires réalisés entre 1880 et 1900 sont incomplets, pas toujours datés.
Lors de la guerre de 1870, l'état réquisitionne les équipements de pompiers. En 1872, le maire de Villez sous Bailleul (entre Gaillon et Vernon) reconnit avoir reçu un équipement de la préfecture. Ce récipissé est une indication sur l'équipement d'un pompier à cette époque, en particulier sur le fait qu'il puisse être armé.
A Rosay, le maire renvoi en préfecture un courrier indiquant l'absence d'équipement prêté. On sait que lors de l'invasion prussienne en 1870, le matériel de musique avait été mis en sécurité au château. On pet penser qu'il en a été de même pour l'équipement des pompiers.



23 février 1885
 : inventaire des objets d’usage de pompiers et de musique par l’adjoint au maire et l’instituteur M Campigny
Ceintures de sapeurs 30 et d’officiers 2 ; Casques 43 ; képis sapeurs 38 ; officiers 2 ; sous officiers 6
Instruments de musique : 3 clairons, 3 caisses, 1 tarole,  1 grosse caisse et ses accessoires,  6 instruments de cuivre (basse, bugle,..)


Casque modèle 1885 « sapeurs pompiers de Rosay »
A droite, on remarque l'encoche pour placer
le plumet rouge lors des parades


Seau en toile, repliable
Imprimé commune Rosay


Casque d'officier "ROSAY"

Inventaire non daté peut-être établi en 1890


Matériel de pompe : une pompe aspirante-foulante
6tréteaux 4longs tuyaux 2gros aspirants
Une échelle de pompe avec ses cordes
60seaux 2paniers 2jets 2extincteurs et 2seaux pompiers
Dans la mairie et les placards se trouvent déposés: 20casques nouveaux; 36casques anciens; 40képis anciens; 18képis nouveaux
1équipement de cantinière en mauvais état
28 ceintures de pompier; 9filigornes 4bourgerons 6parisiennes 2 cravates, galons, 2boutons; caisses tambour avec une série de baguettes
1 paquet de convocation de pompiers
4 médailles de pompiers – concours 2 palmes de concours et 4diplômes
vis à agrès 20 haltères appartenant à l’école des garçons
Anciens sacs de pompiers dans le grenier de la maison d’école

Hormis deux casques, des seaux, on ne conserve pas de trace des diplômes ou palmes de concours.


Gambu Charles Alphonse
né à Rosay le 25 septembre 1876
pompier volontaire à Charleval au début des années 1900

Inventaire probablement établi en 1897 après la réorganisation de la subdivision


 
Garde nationale et sapeurs-pompiers

L’armement des sapeurs-pompiers  de même que la dénomination des chefs sont empruntés à l’organisation militaire. Cela résulte de la coexistence entre les sapeurs-pompiers municipaux et les sapeurs-pompiers gardes nationaux. La garde nationale est fondée en 1789 lors de la Révolution et placée sous l'autorité des communes en 1790. Ses recrues assurent également les fonctions de sapeurs-pompiers dans les villes. Le  rôle ambigu de la garde durant la révolution de 1830 conduit Charles X à la dissoudre puis la reconduire en 1831, associée à la constitution de corps communaux de sapeurs-pompiers.
Les corps municipaux sont entretenus et soldés par les communes de manières aléatoires suivant la richesse ou non de la commune: indemnités, exonérations de taxes ou exemption de tâches.
En incorporant la Garde, les sapeurs renonçaient à l'indemnité que quelques-uns auraient pu toucher sous le régime de la municipalité. En revanche, il leur était donné de bénéficier d'avantages, comme de prétendre, en cas de blessures, à des pensions ou à des secours.
La décision de composition appartenait toujours au maire mais sous approbation du préfet. La nomination des officiers demeurait un droit de l'Etat.
Cette phrase du Chapitre1er du règlement des sapeurs-pompiers de Rosay laisse à la responsabilité de chacun le soin de choisir. Et jusqu’à l’entre deux-guerres, les sapeurs-pompiers conserveront la possibilité d’être armés.
En refusant de rendre ses armes, la garde nationale à Paris entre en révolte avec l’autorité en place. La répression s’achève par la « semaine sanglante » du 21 au 28 mai qui marque la fin de la Commune. La garde nationale est dissoute par la loi du 25 août 1871, La réorganisation des corps de sapeurs-pompiers n'interviendra qu'en 1875.
 

Quels moyens de subsistance pour la subdivision de Rosay  ?

Sur la commune de Rosay, on ne trouve pas de document indiquant des engagements personnels dans la garde nationale ; pas de trace non plus sur les modalités d’indemnisation des sapeurs-pompiers qui était du ressort de la commune. Quand on examine le montant des amendes en cas de non respect du règlement, on ne peut imaginer qu’il y ait eu des compensations, discrètes certainement de la part de la commune qui avançait sans cesse sa pauvreté auprès de la sous-préfecture. Alors s’engager pour uniquement risquer des amendes ? Etre armé d’un fusil n’imposait pas de s’engager dans la Garde Nationale, alors quelques uns pouvaient trouver là une compensation personnelle.
Le 16 octobre 1899, M Milliard Ernest, propriétaire de la ferme la Campagne, donne une somme de 100F à porter au budget des pompiers mais à répartir entre les  sapeurs-pompiers. Le conseil accède à la demande de Milliard. Soit un peu moins de 2,50Fpour chacun des 42 hommes ! Pour mémoire, l’amende pour s’être présenté à un incendie sans son casque est de 2F.
Le 21 septembre 1890, M  le président fait connaitre au conseil que les hommes de la compagnie des sapeurs-pompiers de cette commune ont accompli leur période quinquennale et que beaucoup ne sont pas disposés à prendre un nouvel engagement. Et pourtant ce sont 31 volontaires qui sont recrutés le 12 décembre. Quelle a pu être l’argumentation de la commission de recrutement pour opérer ce retournement ?
On ne trouve pas non plus trace dans les archives de compte-rendu d’activités ou de bilan de trésorerie.


 
Le règlement des sapeurs-pompiers de Rosay

14 mai 1865: Le règlement originel est approuvé et signé par le maire M Milliard. Ce règlement sera complété par un article 11 en juin 1870 puis en mai 1878 par l'article 12. Tout aussi strict et rigoureux que celui de la fanfare, ce règlement porte certainement la griffe de madame la comtesse de Valon.


Règlement
Intérieur
Pour les sapeurs-pompiers
de le commune de
Rosay
Eure

Chapitre premier 

de l’admission et de l’uniforme


Article1er  Pourra être admis à faire partie du corps des sapeurs-pompiers tous citoyens qui jouissent de ses droits civils et politiques prendra et exécutera l’engagement soit en grande tenues soit en petite tenue selon l’uniforme de la compagnie. Cet uniforme est ainsi fixé :
________________ Grande tenue ______________________ 
Tunique de drap noir collet et parements du même drap passepoils rouge, boutons de cuivre jaune portant un feu allumé avec l’exergue « sapeurs-pompiers », épaulettes de laines rouges dont le corps en cuivre jaune figure des écailles
pantalon de drap noir avec deux bandes et un passe poils rouge
casque en cuivre jaune
Sabre à poignard d’uniforme. giberne portant une plaque en cuivre jaune avec les attributs du corps. Munition, bretelles ceinturon de cuir boyau pour la bayonnette
Le casque et le fusil seront fournis par le département à ceux qui pourront s’en procurer eux-mêmes
_______________  Petite tenue  _______________________
Bourgeron de toile bleu avec collet rouge et contre-épaulettes de laine rouge boutons de cuivre jaune parisienne de toile bleue avec passepoils rouges
Képi casque et ceinture de manœuvre


Chapitre 2ème

du service


Article1er : le service de la manœuvre de la pompe sera réglé par l’officier commandant mais à moins d’ordre contraire la manœuvre de la pompe aura lieu pour la compagnie le second dimanche de chacun des mois de mars, avril , mai , juin et juillet octobre à quatre heures précises de l’après-midi

Article2
 : cette manœuvre sera annoncée la veille par la retraite au son du tambour ou du clairon ou du tambour ou du clairon simultanément et le jour pour un rappel une demi-heure avant la réunion au son du tambour ou du clairon.
Néanmoins soit au son du clairon ou du tambour la compagnie devra se réunir au premier rappel quand même la retraite n’aurait pas été sonnée ou battue la veille.
Le clairon et le tambour sont suffisamment avertis par le présent article et devront sonner et battre aux jours fixés ci-dessus fixés à moins d’ordre contraire.

Article3 : si l’officier commandant juge convenable de faire faire  une manœuvre ou un exercice un jour autre que ceux-ci-dessus, il devra en faire prévenir la compagnie par billets et l’avertissement sera la veille par la retraite

Article 4
 : le rappel ou alarme seront toujours et à toute heure un ordre pour les sapeurs-pompiers de se réunir  sur le champ au magasin des pompes qui sera toujours à moins d’ordre contraire le point de réunion.

Article5
 : les sapeurs pompiers seront tenus de se conformer pour les exercices et les manœuvres aux prescriptions du manuel dont il leur sera donné connaissance et aux ordres et aux commandements de leurs chefs.

Chapitre 3ème

de l’inspection et de la conservation du matériel


Article1 : les officiers de la compagnie visiteront le magasin chacun deux fois au moins dans l’année hors des jours de revue ou d’exercice.
Ils se feront accompagner pour cette visite d’un sous-officier et d’un sapeur et ils en feront un rapport écrit dans lequel ils signaleront les fautes qu’ils auront reconnues dans la tenue de ce magasin ; les réparations ou améliorations qu’ils auront jugées nécessaires, l’état dans lequel ils auront trouvé tout le matériel et les accessoires et seront tenus dans donner connaissance entière.

Article 2
 : Dans ce magasin sera toujours tenue prête à allumer une chandelle à côté de laquelle sera placée une boite d’allumettes phosphoriques, un briquet et de l’amadou.
Près de là sera placé un flambeau de nuit.
Ces objets seront toujours tenus à la même place dans le magasin et, hors des exercices, chacun des sapeurs-pompiers reconnaitra cette place afin de pouvoir se procurer sur le champ de la lumière en entrant pendant la nuit dans ce magasin.


Chapitre 4ème
 
service en incendie


Article 1er : dès qu’un sapeur-pompier aura connaissance d’un incendie, il se rendra de suite au magasin des pompes.
Chemin faisant, il avertira ses camarades et ses chefs en criant au feu que si l’incendie est considérable.

Article 2
 : a l’arrivée au magasin, le sapeur le plus élevé en grade, ou le plus âgé prend le commandement et donne les ordres pour que les secours soient portés le plus promptement possible.
Ce commandement est successivement cédé aux supérieurs à mesure qu’ils arrivent.
On doit d’abord avertir ses chefs puis le tambour et le clairon. A cet effet un sapeur est aussitôt détaché, puis ceux qui sont réunis au magasin, à moins qu’on ait la certitude que l’avertissement a été donné.

Article 3 : si le foyer de l’incendie est éloigné, le premier soin à prendre est de requérir des chevaux pour transporter le matériel. A cet effet de détacher des hommes pour s’en procurer. Aussitôt qu’un cheval sera trouvé, tandis qu’on l’apprêtera, les sapeurs disponibles enlèveront le matériel et le conduiront au lieu où l’on prépare le cheval ou sur la route au devant de lui ou à un rendez-vous indiqué après toutefois avoir fait disposer toutes les choses nécessaires pour son attelage.

Article 4 : Les sapeurs-pompiers doivent toujours prendre leur casque pour leur garantie en cas d’accident et afin d’être reconnus au premier coup d’œil. A cet effet, ils ôteront la crinière du casque en rentrant chez eux après chaque revue de sorte que le casque soit toujours prêt en cas d’incendie.

Article 5 : toutes les fois qu’il y aura un incendie si faible qu’il soit et qu’un ou plusieurs sapeurs pompiers y auront porté des secours en l’absence de l’officier commandant, il lui en sera fait un rapport par le plus élevé en grade ou par le plus âgé des sapeurs présents

Article 6
 : Dans aucun cas et sans aucun prétexte les sapeurs pompiers ne doivent accepter aucune récompense pécuniaire pour leur service dans les incendies ce service étant essentiellement gratuit.


Chapitre 5ème 

 police à l’intérieur  du corps


Article1 : le manquement au service et les contraventions au présent règlement seront punis par des amendes qui chacun des membres de la compagnie consent volontairement à acquitter  comme moyen de bonne administration et de parfaite discipline
Savoir
1° pour être arrivé après l’appel    ______________ 25c
2° pour avoir quitté la compagnie ou le détachement avant la rupture des rangs ou sans permission  _________  50c
3° pour s’être présenté avec tout ou partie de l’équipement ou de l’habillement
En mauvais état ou malpropre la première fois   ___   25c
La seconde fois le double  ____________________    50c
Pour avoir manqué sans exemption  prévenue la veille au sergent major à un service commandé pour l’exercice au fusil ou autre réunion de compagnie  ou de détachement
Les sapeurs et caporaux    ___________________    50c
Les sous-officiers    ________________________    75c
4° pour la manœuvre de la pompe pour les sapeurs et caporaux __  50c
Les sous-officiers ________________________________________  75c
Les officiers  ____________________________________________   1F
6° pour avoir manqué à un incendie dans Rosay et ses environs annoncé par la générale ou l’alarme pour les sapeurs pompiers et caporaux __ 2F
Les sous-officiers   ___________________________________  3F
Les officiers  ________________________________________   4F
7° pour s’être présenté à un incendie sans casque
________________    les sapeurs et caporaux___________________   2F      
______________________ les sous-officiers  ___________________   3F
__________________________Les officiers  ___________________   1F
8° la simple désobéissance dans le service sera punie d’une amende _  25c
9° la récidive de désobéissance _______________________________  50c
La persévérance de désobéissance sera réputée insubordination et du ressort du conseil de la compagnie qui pourra prononcer l’exclusion
10° la distraction ou défaut d’attention dans le service _____________ 10c
11° le silence rompu sans nécessité  ____________________________ 10c
12° L’homme qui se présenterait dans les rangs en état d’ivresse sera puni d’une amende de deux francs et renvoyé chez lui  _  2F
13° l’homme qui fumerait dans les rangs _______________________  10c
14° toutes les amendes seront doublées si le contrevenant est un officier ainsi qu’il est expliqué à l’article4
15° le tambour  ou les clairons qui manqueraient à battre ou à sonner dans les cas prévus par le règlement ou quand il aura été commandé sera puni pour chaque manquement d’une amende de __ 50c
et en cas de récidive l’amende sera doublée ou    1F
16° pour la revue ou l’inspection des armes il n’y a pas d’exemption.
L’amende est
Pour les sapeurs et caporaux _______________  50c     
Les sous-officiers   ________________________ 75c
Les officiers   ____________________________  1F 
17° toute contravention non prévue au tarif ci-dessus sera punie selon la gravité d’une amende de 10c à 1F

Article 2
toutes les amendes seront prononcées  sur le champ par le commandant de la compagnie ou du détachement qui en remettra  la note au sergent major

Article 3
sur l’avis du sergent, le condamné à l’amende devra l’acquitter dans le mois ou déclarer dans les huit jours qu’il se pourvoit devant le conseil et déduire les motifs au sergent major qui en tiendra note

Article 4
le pourvoi sera jugé par un conseil de famille composé des officiers de la compagnie d’un sous-officier et d’un sapeur appelés par rang d’âge à tour de rôle.
Chaque année le sergent-major sera secrétaire de ce conseil

Article 5
si le conseil rejette la réclamation, le réclamant devra payer dans les huit jours le montant des amendes prononcées. En cas de refus le conseil pourra selon les circonstances demander la radiation du contrôle de la compagnie

Article 6
la compagnie déterminera chaque année l’emploi du produit des amendes et il n’en pourra être disposé que conformément à ce qui aura été arrêté dans une réunion spéciale

Article 7
aucune exemption de service ne sera accordée tandis la durée de l’engagement

Article 8
tout sapeur qui manquerait à assister au service funèbre d’un autre sapeur
Pour les sapeurs et caporaux _________________________________  3F     
___ sous-officiers   ________________________________________   4F
_____ officiers   __________________________________________   5F

Article 9 les officiers, sous-officiers, caporaux s’engagent d’honneur à faire partie de la dite compagnie au moins pour cinq années.

Article 10
le sergent-major sera trésorier de la  compagnie.
Le présent règlement arrêté par les officiers de la compagnie de sapeurs-pompiers de la commune de Rosay  pour être présents à l’approbation  de monsieur le maire de Rosay

Les officiers soussignés
St Martin, lieutenant     Moisant , sous-lieutenant        Corroyer, sergent-major

Suivent toutes les signatures






12 juin 1870 ajout de l’article11 au règlement et signature des sapeurs volontaires

« article11 : nettoyage de la pompe. Tout sapeur-pompier qui n’aura pas acquitté le service au moment qu’il en aura eu l’ordre sera passible d’une amende de 1F
du 12 janvier 1870 la compagnie de sapeurs-pompiers s’engage d’honneur à continuer pendant cinq années aux conditions prescrites ci-devant» 

Suivent toutes les signatures


12 mai 1878 : ajout de l’article12 au règlement et signature des sapeurs volontaires

« Article12
 : l’engagement des sapeurs-pompiers
Tout sapeur s’engage à faire partie pour cinq années consécutives. Celui qui quittera la compagnie avant que ses cinq années soient expirées sera tenu et s’engage à payer au caissier de la compagnie, savoir :
Sapeurs et caporaux  5F ____  sous-officiers  7F50  ______  officiers  10F

du 12 mai 1878 La compagnie de sapeurs-pompiers s’engage d’honneur à continuer pendant cinq années aux conditions prescrites ci-devant »

suivent toutes signatures dont en premier Moisant lieutenant