Entre
1802 et 1833, l'instituteur est Mr Bauche. Pour 44 élèves, l'école
est payante à des taux divers compris entre 0,75 et 1,25F. Pour les
autres, non recensés, elle est gratuite.
1833: La commune, dont le budget est des plus restreint, se voit dans l'obligation
de voter une imposition exceptionnelle pour assurer à l'instituteur un traitement fixe de 200F. Mme Chandler,
Marquise de Rosay, fournira gratuitement le logement de l'instituteur.
1838: Le conseil vote l'achat d'une maison
d'école. Le projet, refusé par l'autorité supérieure, doit être
abandonné.
1844: Il faudra avoir de nouveau recours à l'imposition pour payer les loyers
du logement de l'instituteur et de la maison d'école. L'enseignement
primaire, d'après la loi du 15 mai 1850, comprend l'instruction
morale et religieuse, la lecture, l'écriture, les éléments de la langue
française, le système légal des poids et mesures, l'arithmétique appliquée
aux opérations pratiques, les éléments de l'histoire et de la géographie
applicables aux usages de la vie, des instructions élémentaires pour
l'agriculture, l'industrie et l'hygiène, l'arpentage, le nivellement,
le dessin linéaire, le chant et la gymnastique et des travaux à l'aiguille
pour les filles.
On
commence à prendre conscience des méfaits de l'illettrisme.
Charpillon note en 1868 que ce sont les communes où l'instruction est
la moins répandue que l'on compte le plus grand nombre d'enfants naturels.
Sur les 395000 habitants de l'Eure, en 1868, 132000 ne savent ni lire
ni écrire et 40000 ne savent que lire. Dans le canton de Gisors, 13%
des mariés déclarent ne pas savoir signer.
27
septembre 1855 : visite de l'inspecteur Demayeur de 9h à 4h. 23 garçons et 6 filles. Ecole parfaitement tenue. Présence
du curé. Acquisition d'une maison d'école à l'étude.
1858
: la commission communale vote l'achat d'une
maison d'école.
22
mai 1860 : inspection de Mr Lehec Patrice
Hilaire
Inscrits
: 40 garçons 33 filles présents : 30 garçons et 27 filles
L'école
et le logement de l'instituteur sont en assez bon état et le matériel
suffisant. livres adoptés : un catéchisme, lecture, grammaire et arithmétique.
Traitement
total : école 774F secrétariat 90F église 100F divers 20F personnels
: 15F total 1001F
Dans
son rapport, l'inspecteur note: "cette école
est assez bien tenue dans le rapport de l'ordre et de la propreté mais
l'enseignement y ait généralement très faible. La lecture et l'écriture
laissent beaucoup à désirer. La tenue du cahier est mauvaise….. L'instituteur
est un brave homme qui ne manque pas de capacité mais il me parait lent
et apathique. Il se conduit bien et jouit d'une bonne considération
auprès de l'autorité locale et des habitants "
L'inspecteur
visite aussi le jardin de 8 ares de l'instituteur et l'estime bien entretenu.
1862
: Le conseil municipal tout en reconnaissant l'utilité d'une bibliothèque
scolaire, refuse d'engager les dépenses et rejette le projet.
1873
: cours du soir
Depuis la guerre de 1870, la fréquentation du cours du soir pour les
adultes est moins assidue. Le maire a reçu un courrier de l'instituteur
l'informant qu'il risquait de ne plus être payé et qu'il était indispensable
que le conseil vote le maintien de ce cours. Réaffirmant l'utilité de
cours qui existe depuis maintenant 35 ans, le conseil vote son maintien.
7 mars 1874 : inventaire du mobilier de l'école publique.
Estrade - 2 tableaux noirs - 1 crucifix - 7 bancs-tables dont 2 en mauvais
état- tables de multiplication - cartes de géographie - tableau d'honneur.
Il manque une sonnette et un tableau des systèmes métriques.
18 novembre
1874 : création d'une école de filles : le comte de Valon propose de payer provisoirement un logement pour
l'école des filles et exprime son désir qu'elle soit dirigée par une
institution religieuse.
25
août 1875 : ouverture d'une école de filles
Le
maire, le comte de Valon , expose au conseil qu'une institutrice congréganiste
a été nommée et qu'elle entre en fonction le 8 octobre. Le comte de
Valon a demandé et obtenu une seconde sœur, chargée de soigner les malades
et au besoin de diriger une salle d'asile. Il se charge seul de ses
appointements et de son installation. Il offre de louer à la commune
une maison pour la somme de 250F.
2
décembre 1875 : inspection, la bibliothèque
vient d'être fondée.
22
janvier 1876 : nouvelle bibliothèque avec 67 volumes non soumis
à l'approbation.
20 octobre 1876 : inspection de sœur Anne
Gaudin et de M.Lehec.
Institutrice
publique rapport très succinct. La classe, le logement et le jardin
sont bien entretenus. Les cabinets d'aisance sont bien tenus mais trop
éloignés. Le mobilier est bon mais insuffisant. Un petit tableau du
système métrique et en général des cartes trop petites. M de Valon va
acheter des tableaux pour l'enseignement de l'histoire de France et
de l'histoire sainte.
Inspection
défavorable pour Mr Lehec. 32 inscrits- 19 présents.
L'enseignement n'est pas à la hauteur des exigences du programme. Il
surveille ses élèves aux offices mais ne les conduit pas. L'instituteur
prépare-t-il sa classe ? il songe le soir dit-il à son travail du lendemain
mais c'est tout. Les résultats sont jugés nuls médiocres faibles et
seulement passables en lecture. L'inspection révèle l'ignorance du maître
quand aux procédés qu'il convient d'employer pour développer les facultés
intellectuelles et leur donner le goût de l'école.
L'inspecteur lui fournit les programmes et le met devant lui en œuvre.
M Lehec devra le tenir au courant des progrès qu'il aura obtenus. Mr
Lehec a l'âge voulu pour la retraite mais il souhaite continuer. C'est
aussi le vœu de M.de Valon
1er
décembre 1877 : nouvelle inspection très favorable pour Mr Lehec
28
garçons inscrits - 20 présents
Les
résultats sont devenus assez bons en instruction religieuse, orthographe,
calcul, histoire et géographie médiocres en écriture et dessin. "
l'inspection de cette école m'a donné une satisfaction à laquelle je
ne m'attendais pas. Tout a été rajeuni, le local, le matériel et l'enseignement
....... M Lehec a tant fait depuis un an que je verrais avec regret
qu'il voulut prendre sa retraite. "
9
juillet 1880 : Louis Grégoire CAMPIGNY demande
à l'inspecteur sa mutation à Rosay ou Fresnes l'Archevêque. Il est installé
à Cantiers depuis 1873 et espère une promotion. "
ma famille se composera de cinq personnes dont trois jeunes enfants.
Un logement spacieux me sera donc nécessaire…. Enfin je désire comme
avantages accessoires un jardin, un secrétariat de mairie de 180F, être
rétribué comme chantre et avoir l'eau à proximité "
13 février
1881 : Avis favorable de l'inspecteur à demande de mutation
de Mr Campigny.
17 février
1881 : inspection de Mr Lehec qui souhaite
partir en retraite aux vacances de Pâques. L'avis
de l'inspecteur est sans ambiguité: " Monsieur Lehec est arrivé à un âge où ses facultés baissent …. "
27
garçons inscrits - 19 présents . 35 enfants de 5 à 13 ans sont recensés.
Les résultats sont jugés faibles ou médiocres. M Lehec ne traite pas
l'histoire. Il n'y a pas de système disciplinaire. L'instituteur se
borne à réprimander les élèves turbulents ou paresseux.
7
mai 1881 : installation de Mr Campigny.
28
Février 1882 : L'institutrice Sœur Anne Gaudin en poste depuis 1878
demande au conseil l'autorisation d'annexer un
pensionnat primaire de 7 élèves. Le conseil refuse.
1879-1882
: Les lois Jules FERRY
Les lois Jules Ferry du 28 mars 1882
rendent l'enseignement primaire obligatoire et laïc et celles du 30
octobre 1886, en laïcisant le personnel enseignant, ont pour ambition
d'enraciner la République et de lutter contre les congrégations.
La
série de lois de mars 1879 à mars 1880 exclut les représentants
confessionnels du Conseil supérieur de l'Instruction publique et interdit
l'enseignement aux membres des congrégations non autorisées. Dans un
délai de quatre ans, tous les départements doivent créer une école normale
d'institutrices.
Les lois scolaires de 1881 et 1882 posent les principes
fondamentaux -gratuité, laïcité, obligation- qui garantissent l'égalité
de l'accès à l'instruction.
Si
on avait pu dire ou écrire que l'instituteur allemand avait gagné
la guerre de 1870, il faut reconnaître que les leçons en avaient été
retenues. Les efforts des autorités seront sans faille en faveur de
l'école publique.
Les inspections des instituteurs sont annuelles, longues et variées.
Les rapports d'inspection ne manient pas la langue de bois. Les journées
pédagogiques ont lieu à Lyons. Les instituteurs y présentent mémoires
ou travaux de recherche. Et pas question de se dérober. Sœur Anne Gaudin,
qui est il faut le rappeler institutrice publique, tente par courrier
à son inspecteur de faire prévaloir son état de santé qui l'empêcherait
de se rendre à pied à Lyons. Celui-ci la prie sèchement de s'y rendre.
L'inspecteur
est soucieux d'ouvrir des classes partout où cela serait possible. Son
soutien est inconditionnel pour les municipalités déterminées.
28
mars 1882. Le conseil établit les comptes des travaux divers entrepris
depuis un an à l'école : réfection des latrines, construction d'un bûcher
etc et dont le montant est de 1300F. Rien n'avait été fait depuis de
nombreuses années.
27
Mai 1882 : Le conseil doit constituer une commission
municipale scolaire pour surveiller et encourager la fréquentation
scolaire. L'inspecteur en est membre de droit.. On crée également une Caisse des Ecoles.
27
mai 1882 :
Cours
du soir assurés par Mr Campigny.
La
Caisse des Ecoles a pour but de faciliter la fréquentation
des classes par des récompenses sous forme de livres utiles ou de livrets
de caisse d'épargne aux élèves les plus appliqués et par des secours
aux élèves indigents ou peu aisés en fournissant livres, vêtements,
chaussures et aliments chauds. Un minimum de trois réunions annuelles
est préconisé.
La Commission municipale scolaire
Le
maire en est le président. Elle se compose d'un délégué du canton et
de quatre membres élus : Casimir Chédeville, Ferdinand Pannier, Florentin
Letondeur, Joseph Moisant L'inspecteur est membre de droit. On procède
à leur élection après les élections du maire.
19 novembre
1882 : le conseil municipal autorise Louis Delaplace , 9 ans qui
n'a jamais fréquenté l'école, et Edmond Moulin 10 ans à ne la fréquenter
qu'une demi-journée, " l'autre demi-journée,
ils puissent par leur travail récompenser les personnes qui les assistent
sans y être obligés. "
Le
conseil rappelle aux parents que s'ils ne répondent pas à la convocation
du conseil municipal pour justifier les absences de leurs enfants, ils
seront présentés au juge de paix conformément à la loi.
9
février 1883, l'inspecteur signifiera son refus "
il conviendrait que la commission scolaire de Rosay au lieu de solliciter
des dispenses de fréquentation les fit secourir par les fonds de la
caisse des écoles "
1883: une circulaire informe le conseil que le chauffage
des classes incombe aux communes et non plus aux familles. Le
conseil, se déclarant dans l'incapacité de faire face à la dépense,
demandera aux familles d'apporter du bois.
14 mars
1884 : courrier de mise au point adressé au maire par l'inspecteur
concernant la déscolarisation des élèves.
Le
certificat d'instruction dont les enfants ont besoin pour travailler
avant 13 ans à condition que les enfants soient suffisamment instruits.
Pour ceux de 12 ans, on peut les dispenser d'une journée de classe avec
l'avis favorable de la commission départementale.
18
mai 1884 : Le conseil refuse la gratuité des
cours pour adultes, la somme demandée étant jugée trop importante.
Le conseil, reconnaissant le bon fonctionnement du cours, votera finalement
cette gratuité en octobre.
4 juin 1884 : sont élus membres de la commission
scolaire : Lehec, Thoué, Chédeville, Letondeur
9
septembre 1884 : courrier de l'instituteur concernant les enfants
Pailler, sales et qu'il ne souhaite pas accueillir.
13
septembre 1884 : Mr Campigny accepte les conditions proposées par
la municipalité pour des cours du soir.
28
septembre 1884 : Le conseil délibère sur la création de deux cours
du soir souhaités par les directives ministérielles. Le coût est estimé
à 300F. Le conseil refuse par vote à bulletin secret par 9 voix contre
sur 11.
9 octobre 1884 : le conseil municipal décide de la création
de deux cours du soir durant cinq mois de l'année. Ils seront
subventionnés par l'état. Le directeur percevra une rétribution annuelle
de 12F par élève. La commune offre 50 F pour l'instituteur Campigny
et 25F pour l'institutrice Aimée Moreau.
14
octobre 1884 : inspection par Mr Hameau de l'école catholique congressiste. 4 internes. Le dortoir, le réfectoire,
la surveillance sont bons. L'internat est rattaché à l'école publique.
22
juin 1885 : l'inspecteur demande que la société d'instruction se
réunisse une fois par mois.
1
juillet 1885 : Reconnaissant l'utilité de
la gymnastique, un portique offert par la société d'instruction
à l'école des garçons de Rosay. Il sera propriété communale sous sa
seule responsabilité. Cette machine gymnastique sera établie entre la
rue et la mairie dans la côte du château.
9
octobre 1885 : rapport d'inspection de Sœur
Aimée Moreau. ( née le 22 octobre 1852) Sœur de la Congrégation
de Sainte Marie de Torfou.
22
novembre 1885 : Sœur Aimée Moreau, qui vient de prendre la suite
de Sr Anne Gaudin repartie en Maine et Loire, demande et obtient le
maintien de l'internat.
21
septembre 1886 : Sœur Anne Gaudin demande au conseil à réintégrer
l'école Rosay comme institutrice publique ainsi que l'ouverture d'un
internat qu'elle dirigerait. Elle appartient à la congrégation de Sainte
Marie de Tourfou et a été institutrice publique à Rosay de septembre
1875 au 17 septembre 1884. Elle a exercé de novembre 1884 à mai 1886
comme adjointe à Rochefort sur Loire et se trouve actuellement à la
maison mère de sa congrégation.
28
août 1886 : Courrier du sous-préfet au préfet. Une société
de gymnastique est en formation à Rosay. Le sous préfet demande
l'autorisation d'utiliser le portique et les agrès de l'école.
29 août 1886 : Sœur Anne Gaudin remplace
sœur Aimée Moreau.
Inventaire
du mobilier de l'école des filles appartenant à la commune : quatre
tables à écrire longues de 3,38m. 12 livres de lecture très endommagés
: le tour de France par Bruno. La collection du bulletin de l'instruction
primaire.
21
septembre 1886 : Sœur Anne GAUDIN demande sa réintégration à
l'école de Rosay
30
octobre 1886 : fréquentation scolaires et règles de fonctionnement
des commissions municipales scolaires.
14
juillet 1887 : distribution des prix offerts par la Société d'Instruction Populaire de la commune et présidée
par M Folleville, délégué cantonal.
25
juillet 1887 : dépôt judiciaire du testament
holographe du Comte de Valon qui lègue 500F pour l'école des
filles uniquement. Testament du 25 janvier 1870 établi à Rosay.
17
janvier 1888 : La préfecture de l'Eure accorde à la commune une subvention de 5F récompensant l'élève Henri
Tellier et qui sera versée à la caisse d'épargne scolaire.
11
février 1888 : le conseil municipal accepte le legs
de 500F du comte de Valon.
" Je lègue à la commune de Rosay une rente annuelle de cinq cents francs
qui sera uniquement employée à l'entretien des sœurs que j'y ai établies
pour élever les petites filles. Mon fils ou ses héritiers, en payant
cette rente, auront toujours le droit de désigner le couvent où seront
choisies "
15
février 1888 : demande de fermeture suite à une épidémie
de scarlatine.
14
mai 1888 : courrier de l'inspecteur des Andelys à l'inspecteur d'académie
de Caen pour conseiller de refuser le legs de
500F aux conditions du testament. Les sœurs dont il s'agit dirigent
l'école publique de filles. Or il est évident que les conditions de
ce testament sont incompatibles avec les prescriptions de la loi du
30 octobre 1886. Dans tous les établissements publics, l'enseignement
est exclusivement confié à un personnel laïque.
20
mai 1888 : constitution de la commission municipale
scolaire : élu : Pascal Thoué, Hilaire Lehec, Cyrille Caron,
Florentin Letondeur.
9
février 1889 : le conseil vote les crédits pour la réparation de
la cheminée de l'école. Il y a toujours un cours du soir.
30
mars 1889 : Clotaire Halleur a la charge d'une nombreuse famille
et il a la garde du jeune Vigneron Henri "
qu'il emploie dans ses travaux afin de pouvoir lui acheter des habits
". Il s'engage, à l'avenir à envoyer plus régulièrement les
enfants en classe. La commission a admis ses observations. Conformément
à la loi de mars 1882, le sieur Etienne Charles ne s'étant pas présenté
à la commune, son nom sera inscrit pendant 15 jours à la porte de la
mairie.
16 avril
1889 : lettre du préfet au maire. L'acceptation de la rente de 500F
par la commune ne saurait être approuvée par l'état. Elle est en opposition
avec la loi du 30 octobre 1886 et tendrait à faire entretenir
à perpétuité par la commune une école congréganiste et réservant aux
seuls héritiers le choix de la directrice. L'intention du testament
n'est-il pas d'aider la commune à entretenir l'école de filles. Il y
aurait lieu de s'en tenir au legs pur et simple.
30
avril 1889 : Raymond Bure est nommé en remplacement de Louis Campigny
arrêté deux mois après s'être brisé la jambe.
10
juillet 1889 : Mr Campigny écrit à l'inspecteur primaire des Andelys.
Il réclame un prix par élève et refuserait, s'il ne craignait les sanctions,
de choisir. Avis catégoriquement défavorable.
27
novembre 1889 : courrier de la préfecture à l'inspecteur pour obtenir
l'autorisation d'utiliser l'école des garçons pour le banquet
annuel des pompiers.
11
mai 1891 : l'inspecteur Delaballe note dans son rapport l'absence
de préau couvert.
mai
1892: élection de Léon DEMOUCHY au poste de
maire
A Rosay, la mairie
était jusque là tenue par le comte de Valon par ailleurs
vice-président du Conseil Général de l'Eure. Il était un ami
intime de Pouyer-Quertier, député-maire de Fleury et ancien ministre
des Finances. René de Valon avait succédé à
son père en 1888, après le décès de celui-ci
survenu en 1887. En possédant toutes les fermes, les moulins et les
terres maraîchères du village, la famille de Valon tenait la moitié
des gens du village. C'est peu dire si l'application des nouvelles lois
Jules Ferry ne soulèvait pas l'empressement à Rosay.
Cette
élection marque l'arrivée à la mairie d'une personnalité d'envergure:
Léon Demouchy. C'est un marchand de bois respecté qui demeure dans le
haut du village. Il ne fréquente pas l'église. Il gardera la mairie
jusqu'à son décès en 1922, écartant définitivement René de Valon. Il
est parfaitement conscient de la position avantageuse des de Valon et
ne souhaite pas le conflit entre le Rosay-village et Rosay-église.
Il
saura patienter et attendre l'occasion favorable qui se présentera
cinq ans plus tard en 1897. Et en septembre de l'année 92, une
erreur dans l'attribution de tableaux d'histoire naturelle lui donne
l'occasion d'afficher sa grande fermeté vis à vis du vicomte.
10
mai 1892 : élection des deux membres de la commission
scolaire : Léon Delarue et Jean-Baptiste Vigreux.
18
septembre 1892 : courrier du maire et réponse de l'inspecteur des
Andelys. Il confirme l'attribution de la concession
de tableaux d'histoire naturelle à l'école publique de garçons
de Rosay et non à l'école mixte comme indiqué par erreur. Le maire avait
alerté l'inspection.
18 septembre
1892 : courrier du maire à l'inspecteur. En constatant qu'il n'y
a pas d'école mixte à Rosay, on suggère de partager les tableaux. La
confusion vient de ce que Soeur Anne Gaudin est une institutrice publique
employée par une école congréganiste. Le maire
regrette cette erreur sur le terme mixte et demande que la totalité
des tableaux soit attribuée à l'école des garçons.
1895
: la commune déclare respecter la circulaire du ministre et posséder
depuis 1885 la " société d'instruction populaire de Rosay " mais
faute de fonds ne peut récompenser les bons élèves par des prix ou des
livres le 14 juillet.
14 septembre
1895 : demande de Mr Campigny à l'inspecteur Brizemeure d'accueillir
dans sa classe le jeune Edmond Tremblay qui se
destine à l'enseignement et qu'il dirigera vers l'école normale.
Il a obtenu son certificat d'études primaires en 1894. Ma classe compte
42 élèves et sa capacité est de 176m3
24
Mai 1896 : Le conseil vote l'ouverture du
cours du soir tous les jours de la semaine de 7h1/2 à 9h1/2.
27
septembre 1896 : cours du soir le mardi, mercredi, vendredi et samedi
de 7h30 à 9h30 du soir. |
|
On a vu
que Léon Demouchy ne souhaitait pas amorcer un conflit avec le "château".
Le vicomte René de Valon et surtout sa mère veillent. Par ailleurs,
il est difficile de contester les compétences professionnelles
de Soeur Gaudin, institutrice publique. Pour compléter
la situation, il faut savoir qu'une école maternelle accueille
les petites filles dès quatre ans et que pratiquement aucune
école publique de village ne fournit ce service. Le maire patiente
donc depuis cinq ans lorsque survient le décès de soeur
Gaudin.
30
mai 1897 : Sœur Anne Gaudin est décéde
brutalement.
6
juin 1897 : courrier à l'inspecteur de Mme de Valon, 18 rue de Marignan
Paris
"
j'apprends que vous n'avez pas cru devoir autoriser le maire à faire
continuer la classe par la seconde sœur adjointe à l'institutrice décédée.
Dans ces conditions, je reprends pour mon usage personnel cette maison.
Le mobilier est ma propriété personnelle à l'exception de certains objets
que je vais faire déposer à la mairie "
8
juin 1897 : Mr Brizemeure a reçu la visite du maire accompagné de
Mr Crespin conseiller d'arrondissement et rend compte de la situation
à l'inspecteur d'académie. Mr de Valon reprend
son local puisque l'administration n'accepte pas que la seconde
sœur termine la classe jusqu'aux prochaines vacances. La mairie est
en pourparler pour la location d'une maison. Il se rendra dès demain
à Rosay et adressera le soir un courrier.
9
juin 1897 : L'inspecteur Brizemeure présente la situation de Rosay
à l'inspecteur d'académie.
"
la municipalité désire une institutrice laïque et est bien décidée à
faire tout ce qui dépendra d'elle pour la soutenir… Mais il va y avoir
lutte. Mr de Valon ayant repris son local et les religieuses ayant dès
aujourd'hui déposé à la mairie une déclaration d'ouverture d'école privée.
Mr le maire dit avoir l'assurance que la moitié au moins des jeunes
filles fréquenteront l'école publique et que le nombre ira en augmentant
si l'école est bonne et donne des résultats, pourvu toutefois que l'institutrice
publique soit autorisée à recevoir les enfants de quatre ans comme l'école
privée…..Mr le maire m'a assuré que le conseil municipal à l'intention
de voter un projet de construction… Il fallait donc parer à l'installation
provisoire…..Un seul local est à louer bien exiguë… Je suis d'avis qu'il
y a lieu d'accepter ce local provisoire et que l'école ouvre dès lundi.
Nous avons de plus examiné les différentes solutions pour arriver à
une installation définitive, soit une construction neuve (Le sous-préfet
a dit au maire qu'il faudrait 3 ou 4 ans) soit l'agrandissement de la
mairie, soit l'appropriation d'une construction légère qui se trouve
sur un terrain acquis pour l'établissement d'une place publique mais
qui ne présente pas les garanties de solidité nécessaires. Pour l'institutrice
Mlle Bottet pourrait être déléguée pour la fin de l'année. A la rentrée,
il faudra une maîtresse choisie ayant la fermeté de caractère pour accepter
sans incriminer les inconvénients de l'installation provisoire. Il serait
bien de la nommer quelques jours avant la rentrée des classes pour qu'elle
puisse prendre contact avec les familles "
10 juin
1897 : courrier du maire au préfet. Sœur Anne Gaudin est décédée
brutalement le 30 mai. Le Cte de Valon souhaite que la seconde institutrice
congréganiste, déjà chargée de l'école maternelle et de soins aux malades,
prenne en charge la classe primaire. La classe maternelle a été ouverte
illégalement il y a quelques années. Le maire souhaite une institutrice
laïque. La mairie est favorable à une laïcisation
sans vouloir en prendre l'initiative.
10
juin 1897 : courrier du maire à Mr Brizemeure. On peut installer
l'école dans l'immeuble de Mr Etienne.
13
juin 1897 : Location de la maison de Mr Etienne afin d'y installer
l'école primaire de filles. Vote de 4 centimes d'imposition.
16
juin 1897 : Campigny adresse un dossier à son inspecteur sur les
liens de l'école des filles avec la famille de Valon. Deux pièces sont
jointes
21
juin 1897 : délibération du conseil municipal. La laïcisation de
l'école des filles nécessite des frais d'installation.
Le mobilier ne se compose que de quatre bancs-tables, d'une mappemonde
et d'un alphabet Thollois. Il devient indispensable d'acquérir de suite
tableaux noirs et de lecture, table pour la maîtresse, poêle et divers
petits objets. Le conseil vote les fonds nécessaires : 22F36c pour le
matériel et 54F pour complément de fournitures scolaires aux élèves
indigents.
11 juillet
1897 : Le conseil refuse d'acheter la maison de Mr Letondeur au
prix qu'il juge excessif de 4500F. Il en propose 3000F
29
juillet 1897 : courrier du maire à l'inspecteur
" nous avons changé nos vues et sommes en paroles pour acheter une propriété
destinée à faire une école de filles. "
1er
Août 1897 : Le conseil décide l'achat de la
maison de Mr Chevallier. Une somme de 4000F lui sera proposée.
Il s'agit de construire l'école des filles. Quelques temps plus tard,
pour payer les frais supplémentaires engendrés par les travaux de la
place et de l'école, il sera nécessaire de vendre la salle de bal et
l'écurie contiguë.
15
août 1897 : Acquisition de la propriété de Mr Chevalier pour 4000F.

Ce cliché historique a été pris
en juin 1897, à l'école des garçons,
le jour de l'ouverture de la classe laïque de filles.
On a réuni les quatre filles avec les garçons en tenue, pour certains,
endimanchée.
L'instituteur est Louis Campigny, 43 ans, en poste à
Rosay depuis 16ans.
Assise à droite, la toute jeune stagiaire de 18
ans, qui terminera l'année scolaire, se nomme Mlle Bottet.
|