Les
routes
A
l’époque romaine, la ville de Lyons se trouvait sur la voie Paris-Rouen. Quatre
voies passaient par Lyons dont l’une allant vers Pont de l’Arche. La
route d’Elbeuf à Gournay passait par le plateau séparant la vallée de l’Andelle
et de la Lieure ( route par la forêt Charleval-Les Taisnières). C’est seulement
après 1830 que la route actuelle par la vallée de la Lieure est construite et
classée comme route départementale. A
la fin du XVIIIème siècle et sous la Révolution, les routes et les chemins se
trouvaient dans un état lamentable dans tout le pays de Lyons, en partie à cause
des dégradations liées au transport du bois. Laurent de la Bunodière, Inspecteur
des Eaux et Forêts en forêt de Lyons de 1894 à 1903, rapporte en 1907 dans sa
« Notice sur le pays et la forêt de Lyons» les constats affligeants
dressés au cours des deux siècles précédents : Dans
le mémoire rédigé à Lyons, le 10 novembre 1787, pour l’Assemblée provinciale de
Normandie, on lit : « Les rues et entrées de la ville de Lyons
sont très mauvaises, impraticables, de très difficiles et dangereux accès, principalement
à celles qui tendent aux vallées d’Andelys, Paris, Gournay, Neufchâtel et le pays
de Bray. Plusieurs voitures y on versé. » Le
mal ne fit que s’aggraver pendant les dix ans de la Révolution. Que
dire des chemins vicinaux ? Mr Masson de Saint Amand, préfet de l’Eure sous
le Premier Empire « Les chemins vicinaux, disait le préfet de l’Eure, sont
pour la plupart dans un état total de ruine ; ici, un chemin vicinal voisin
d’une forêt est totalement dégradé, par le transport des bois ; là, un autre
chemin se trouve intercepté et obstrué par une rivière ou un ruisseau, auquel
on a négligé de donner une direction convenable. Plusieurs ponts qui font partie
de ces chemins, sont rompus ou près de l’être, enfin partout, le voyageur, principalement
dans la saison de l’hiver, est obligé pour n’être pas arrêté, de faire de longs
circuits pour se rendre à sa destination, ou, ce qui est un inconvénient encore
plus grand, de passer sur des terres ensemencées. Un tel état de choses fait éprouver
des dommages incalculables à l’agriculture, à l’industrie, et au commerce »
Au
commencement du siècle, la grande route de Gisors à Rouen par Etrépagny, Ecouis
et Fleury sur Andelle était interrompue entre Etrépagny et Ecouis. En 1819, elle
fût restaurée et en 1825 seulement, elle fut classée route royale. En
1810, le Conseil d’Arrondissement des Andelys émettait le vœu qu’on construisit
immédiatement un embranchement allant de Lyons à Vascoeuil, et regagnant l’ancienne
route de Rouen à Gournay, et il ajoutait ce détail intéressant : « Par
cette route de Rouen à Gournay, on enlève environ 10000 stères de bois de la forêt
de Lyons, le prix moyen du charriage par chaque stère, dans ces mauvais chemins,
est de neuf francs, tandis qu’il ne serait que de six, après la confection de
l’embranchement ». Le chemin ne fut construit que sous la Restauration. Le
27 Juin 1814, Mr de Frémont, maire de Rosay, avait adressé
une lettre aux maires de Touffreville et Gaillarbois à propos de la remise en
état de la route de Rosay vers Gaillarbois et Les Andelys, dans un état de plus
en plus déplorable. Il fixait rendez-vous au dimanche suivant, à la sortie de
la messe. Laurent
de la Bunodière poursuivait dans sa notice: Quarante
ans après, un autre préfet tenait un tout autre langage, et jetant ses regards
sur les routes qui devaient unir désormais Lyons à Gisors, aux Andelys, à Ecouis,
à la Feuillie, il pouvait comparer, avec un juste orgueil, le passé et le présent
du pays, et de la forêt de Lyons. « Autrefois,
disait M. Antoine Passy, au concours agricole de Lyons-la-Forêt, en 1845, on parlait
d’un pays sauvage, pleins de dangers, et d’obstacles, pour qui voulait y pénétrer ;
le nom de la forêt de Lyons, les chemins à peine tracés, périlleux même, semblaient
interdire au commerce l’accès dans une contrée réservée aux grandes chasses ;
tout en faisait comme un territoire isolé, au milieu des vastes plaines à céréales
qui l’entourent. Les habitants presque sauvages, des gens qui travaillaient dans
les bois, renforçaient cette idée
(*)
. Tout cela n’existe plus maintenant». Le progrès a pénétré dans le village le
plus perdu au milieu des bois, et il existe peu de pays possédant un réseau de
routes mieux entretenues. »
En
1865, construction de la route forestière du Val aux Anes, empierrée en 1880. En
1866, le conseil municipal de Rosay décide la construction d’une route partant
de la Bretèque vers le Chêne-Varin ( actuelle route montante de Ménesqueville
vers le village). Les pentes des chemins de l'église et du château étaient trop
rudes. (*) Un certain Noël, dans un « essai
sur le département de la Seine Inférieure » avait écrit en 1795, dans un
style jugé « prétentieux et exagéré » selon Laurent de la Bunodière :
« Dans
la forêt de Lyons on trouve, en plusieurs points, des hommes vivant au sein des
forêts depuis leur naissance, qui exercent l’agreste profession de sabotiers,
rappellent les anciens habitants de la forêt d’Hercynie, et conservent, dans l’âpreté
de leurs traits et dans la dureté de leurs mœurs, l’ancienne physionomie des peuples
Phitophages ( ?) » Rien
de moins !
Le
flottage
La
contrée de Lyons est l’une des premières à utiliser le flottage pour le transport
du bois à partir de 1490. Au XVIIIème, on fait toujours flotter le bois à brûler
sur l’Andelle et c’est à Pitres qu’on le charge sur de grands bateaux pour alimenter
Paris ou Rouen. Au
début du XIXème siècle, l’industrie du tissage et de la filature du coton commence
à s’implanter dans le pays de Lyons. Les chutes d’eau sont recherchées comme force
motrice. La rivière de l’Andelle devient impraticable pour le flottage. Chemins
de fer
En
1838, le Vexin aura un instant l'espoir d'être desservi par la ligne de chemin
de fer Paris-Rouen. Hélas, une loi du premier avril 1835 donne cette ligne à la
vallée de la Seine. En 1867, sous l'impulsion de Pouyer Quertier et du préfet
Janvier-Lamotte, une grande compagnie obtient la concession de la ligne Gisors-Pont
de l'Arche. La ligne de Pont-de-l’Arche à Gisors a été ouverte au public le 28
décembre 1868. Le
pays de Lyons est alors entouré de lignes de chemin de fer , mais aucune
ne la traverse. Elle contourne la forêt vers le Sud et l’Ouest. Les stations
de Charleval à 2km, de Ménesqueville-Lyons à 800m et de Lisors-Verclives à 3km
de la forêt sont les seules stations de cette ligne utilisées pour l’enlèvement
des bois. L’administration forestière a donné une subvention de 12000F à la Compagnie
des Chemins de Fer, pour construire des quais et se munir du matériel nécessaire
au chargement des bois en grumes dans les gares. La forêt n’a pas gagné autant
qu’on aurait pu le supposer par l’ouverture de cette ligne. Le
16 Juin 1899, le conseil municipal de Rosay demande l’extension de la ligne
de chemin de fer vers Lyons la Forêt. La demande est soutenue par 7 marchands
de bois, clients de l’état, qui assurent ne pas pouvoir actuellement satisfaire
à toute la demande. Cette demande n'aboutira pas. On imagine mal que le vicomte
René de Valon alors vice-président du Conseil Général de l'Eure, ait pu soutenir
un tel projet. La ligne serait passée par la vallée de la Lieure dans le Défens
qui lui appartenait.
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